Des milliers d'années d'histoire
Un voyage à travers le temps sur ces îles pleines de mystère et de tradition
Les origines
Le nom des Îles Cíes provient du latin Insulae Deorum (Îles des Dieux), ce qui révèle l'importance spirituelle qu'elles ont eue depuis l'Antiquité. Les Romains les connaissaient comme les îles des dieux en raison de leur beauté et de leur emplacement stratégique à l'entrée de la ría de Vigo.
Des vestiges de castros celtes ont été retrouvés sur l'île de San Martiño, ce qui prouve que l'archipel était habité depuis au moins l'Âge du Fer. Les Romains ont également laissé leur empreinte, utilisant les îles comme point de surveillance et exploitant leurs ressources halieutiques.
Le géographe romain Pline l'Ancien mentionnait déjà ces îles dans ses écrits du Ier siècle, les décrivant comme un lieu habité et connu des navigateurs.
Moines et Vikings
Au Moyen Âge, les îles furent le refuge de moines et ermites qui cherchaient l'isolement pour la vie contemplative. Plusieurs monastères furent établis, dont celui de San Estevo sur l'île de Monteagudo et celui de San Martiño sur l'île sud.
Cependant, la tranquillité des moines fut interrompue par les incursions vikings des IXe et Xe siècles. Les Normands pillèrent les monastères à plusieurs reprises, obligeant les moines à fuir vers le continent.
Plus tard, au XVIe siècle, les îles subirent l'attaque du corsaire Francis Drake, qui les utilisa comme base pour lancer des attaques contre Vigo et d'autres villes de la côte galicienne.
Protection du paradis
Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, les îles furent utilisées comme point stratégique militaire et de surveillance côtière. Plusieurs fortifications défensives furent construites, dont certaines ruines sont encore visibles.
En 1980, les Îles Cíes furent déclarées Parc Naturel, marquant ainsi le début de leur protection officielle. Ce fut la première étape pour freiner la dégradation environnementale et réguler les visites.
Le moment le plus important arriva en 2002, lorsque les îles intégrèrent le Parc National Maritime-Terrestre des Îles Atlantiques de Galice, aux côtés des archipels d'Ons, Sálvora et Cortegada. C'est le seul parc national de Galice.
Un symbole des îles
Le Phare de Cíes, situé au sommet de l'île Do Faro à 175 mètres d'altitude, est l'un des symboles les plus reconnaissables de l'archipel. Construit en 1853, il fut électrifié en 1905 et automatisé au cours des décennies suivantes.
Depuis son emplacement privilégié, on obtient les meilleures vues panoramiques de tout l'archipel et de la ría de Vigo. C'est le point final du sentier de randonnée le plus populaire des îles.
Faits surprenants
En 2007, le journal britannique The Guardian publia un article déclarant la Plage de Rodas comme la plus belle plage du monde. Cela fit exploser le tourisme international vers les îles.
Les Îles Cíes abritent l'une des plus grandes colonies de goélands leucophées (Larus michahellis) au monde, avec plus de 22 000 couples reproducteurs.
Seules environ 1 800 personnes peuvent visiter les îles par jour. Cette limitation, imposée pour protéger l'écosystème, fait des Cíes l'une des destinations les plus exclusives d'Europe.
Les îles possèdent la certification Starlight de l'UNESCO, qui reconnaît la qualité exceptionnelle de leurs ciels nocturnes pour l'observation astronomique.
La lagune qui relie les îles de Monteagudo et Do Faro (derrière la Plage de Rodas) est un lac d'eau salée unique, formé par l'accumulation de sable qui a créé un isthme naturel.
Les îles abritent plus de 400 espèces de flore, dont des camariñas, des ajoncs et des bruyères atlantiques. Leurs fonds marins hébergent plus de 200 espèces d'algues et une riche faune sous-marine.
Mythes et traditions
La tradition populaire raconte que les Cíes furent créées par les dieux comme leur lieu de repos terrestre. Les pêcheurs galiciens disaient que les nuits de brouillard, on pouvait entendre des chants divins provenant des îles.
Selon la légende, le corsaire Francis Drake cacha une partie d'un butin dans une grotte des îles après l'une de ses attaques contre Vigo en 1585. Beaucoup l'ont cherché, mais personne ne l'a trouvé.
Sur l'île de Monteagudo se trouve une formation rocheuse connue sous le nom de Pedra da Campá (Pierre de la Cloche). On dit que lorsque le vent souffle fort, la roche émet un son semblable à celui d'une cloche, que les anciens marins interprétaient comme un avertissement.